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A la petite semaine, l’insolite vient paver la société qui s’adapte à ses faits que la vie en couple livre sans répit. Sans doute que la course pour la palme d’or se fera avec les plus éhontés. Quand des époux transposent sur la place publique leurs caprices domestiques, on a des raisons de s’interroger sur leur état mental. L’examen psychiatrique exige des formalités dont on peut se dispenser lorsque les symptômes de la faille mentale sont lisibles. Le siège du journal Fraternité a servi de refuge à un fugitif peu ordinaire. Les paisibles confrères n’ont pas voulu être coupables de recel de personne adultère. Mais il fallait non plus tomber dans le délit de non assistance à personne en danger. Un fait divers croustillant au dosage exceptionnel.
Témoin oculaire de la scène, le chroniqueur en garde un drôle de souvenir : un homme friand de femmes d’autrui se fait surprendre par le cocu dans un restaurant. Un cocu en colère qui tient les deux malotrus joyeux, devant bière et coca et deux verres à moitié vides. On imagine le degré de l’exaspération. Une pluie de jolies gifles d’entrée de jeu pour la femme indélicate et voilà le partenaire en danger qui prend ses jambes à son cou. La suite n’était pas fameuse : une vraie correction subie par la femme. Scène de ménage dans la rue sous l’enthousiasme délirant d’une foule surexcitée. L’écho tonitruant de cette déviance souille l’environnement.
Il est aisé de constater dans les élans incontrôlés des époux, l’impact de l’immaturité et le déficit de maîtrise de soi. Le spectacle offert hors du domicile conjugal et les salves de folie mettent à nu ce démon qui somnole en chacun de nous. Que les époux se querellent est une chose. Qu’ils se battent, en est une autre. Qu’ils échangent des propos acrimonieux et se livrent à des déballages, sous des volées de coups dans la rue, l’acte est insensé. Le manque de retenue dans les altercations ne soigne pas l’image du couple. " La langue et les dents appelées à cohabiter toute une vie se querellent " enseigne Seydou Badian. La formule pleine de sagesse de l’auteur de "Sous l’orage" invite à la retenue à l’heure de l’orage sous le toit conjugal. Ce n’est pas utopique de voir un époux rentrer à la maison avec la morsure de sa propre femme et les séquelles de dents enragées de la jalouse. L’époux réussit l’exploit d’avaler crue une masse de cheveux de sa partenaire lors d’une bagarre à forte audience. Pourquoi ces effroyables scènes de ménage en public ? Le cadre conjugal ne suffit-il pas à abriter les problèmes de couple ? Il vaut mieux les confrontations même violentes en privé qu’en public. " Par terre, on se dispute, mais au lit on s’explique. Et sur l’oreiller on se comprend " se résigne Henri Jeanson. Beaucoup, après de chaudes empoignades diurnes dans la rue passent la nuit au lit pour des frottements salaces à grande calorie. Les couples de fous évaluent mal les conséquences de leur triste exhibition. D’abord, leur dignité s’évapore car se battre en public est un signe certain d’infériorité mentale. Ensuite, l’implacable regard de la société chosifie le couple indiscipliné et incandescent. A force de toujours molester son épouse dans le quartier ou d’accabler son mari de tous les mots sur le mode du secret en vrac, on devient la risée de tous.
On met souvent à la décharge des époux psychopathes, l’effet de la jalousie. Et cette jalousie, qui engendre le mal que dénonce Agatha Christie. Il y a des vertus à développer comme la patience, la responsabilité et le sens d’ouverture et de dialogue. Et cet époux qui alerté, va surprendre sa femme au sommet de l’art dans les bras remuants et chauds de l’amant en délire dans une chambre de passe ? La solution à l’humiliation ne réside pas dans la violence en public mais la patience et la prise de décision responsable. Je n’exclus pas que l’épouse surprise en flagrant délit d’adultère subisse la foudre du cocu en transe.
Les scènes de ménage en public sortent d’emblée du domaine de la raison pour obéir à la règle de l’instinct animal. Il y a mieux à faire que de se lancer dans la spirale du pire. A moins de s’abonner à l’acte bestial de maris ou d’épouses sans scrupule.
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